Tende – Menton par le Sentier des villages perchés /// Trek de 4 jours

Vous vous souvenez de Roomie ? (Indice pour les distraits-es, elle était ma compagnone de trek en Colombie quand j’ai cherché – et trouvé – la Cité perdue). Et bien figurez-vous que cet été, elle et moi, nous sommes lancé un nouveau défi randonnesque : relier Tende (petit village des Alpes Maritimes et fief familial) à Menton-la-belle, joyau de la French Riviera. 

Nous voici donc parties pour 4 jours de dénivelés, duvets douillets et traces de bronzage non homologuées. 

Itinéraire emprunté : “Le sentier des villages perchés”, PDF proposé par l’Office du tourisme de Tende (et revisité par nos soins car “s’ils le prévoient en 5 jours on peut bien le tenter en 4 nan ?..”)

Etape 1 : Tende ⇒ Saint Dalmas ⇒ Granile ⇒ Berghe ⇒ Fontan 

Où on a voulu caser 2 journées en 1… 

Cette étape, telle qu’envisagée par Jean-Mi du PDF (les titres de noblesse c’est plus ce que c’était…) aurait dû prendre 2 jours. Et passer par la charmante bourgade de La Brigue.

Par souci de gain de temps (et de gain de jours en bord de piscine) on a décidé de squeezer La Brigue et tenter un Tende-Saint Dalmas par le Chemins des Bois avant de regagner l’itinéraire officiel. 

Dans les starting-blocks tendasques dès 10h. Le sentier boisé (et susmentionné) est fort sympathique, bien ombragé et… totalement désert. Idéal donc pour un life update des familles (“kkooouaaahhh il t’a dit ça ?! Et t’as répondu quoi ?..”)

On arrive à Saint Dalmas sur les coups de midi. Plus fraîches et pimpantes que la fraîcheur et la pimpance. Du coup, on décide de pousser (= grimper) jusqu’à Granile pour déjeuner. Il parait que les sandwichs ont meilleurs goût avec la moitié de l’étape dans le rétro… Pleines d’entrain, on bat le record de JM et à 13h22 on réaménage la place de l’église pour pique-niquer à l’ombre ! 

14h ça repart. Non sans avoir auparavant instagramé Granile sous toutes ses coutures. 

16h on est forfaites par KO. C’est dommage parce qu’on n’est pas arrivées. Petite pause salutaire, les fesses sur le bitume. Avec amandes et raisins secs de compagnie. En contrebas on aperçoit Fontan. Loin… Si loin.  

17h (et des brouettes) on arrive à Fontan. Passage express par l’épicerie afin de trouver un présent comestible pour nos hôtes du soir. C’est donc une tarte surgelée sur les bras qu’on entame, telles les Reines Mages, les 2 derniers km. Les plus longs de notre vie. Car à bien y regarder on en a déjà plus de 25 dans les pattes. Jamais à plat. Et toujours avec plus de 10kg sur le dos. (Je vous vois venir avec vos “OMG, les sacs c’est pas plus de 10% de la masse corporelle…” ON SAIT. ON VOUS EMBÊTE.) 

A mas o menos 18h, on débarque chez Michel et Nadine, les amis qui nous hébergent pour la nuit. On est au bout du bout. Fort heureusement ils savent y faire avec les randonneuses exténuées : draps et coca frais, beignets de fleur de courge à boulotter, lessive de nos uniques tenues déjà fort odorantes.

21h effondrement. 

La nuit est longue et courte : froid, chaud, soif, mal partout… ça va être long 4 jours.

Etape 2 : Fontan ⇒ Saorge ⇒ Breil sur Roya

Où ça s’est joué au mental…

Aujourd’hui on décide de suivre les conseils du PDF à la lettre (sans raccourci ni fusion qui tiennent !). Et de partir tôt. (Enfin 8h50, ce qui pour la randonneuse équivaut en réalité à une quasi grasse mat’). 

Les épaules apprécient moyen bof le retour du sac, mais on ne leur laisse pas le choix. (En même temps on n’a pas pris l’option “sherpa”.) 

Direction Saorge, que l’on rejoint en moins d’une heure et qui intègre immédiatement le palmarès des villages les plus mignons de France (voire de l’infini et l’au delà). 

Bref passage par la Supérette Vival (où on acquiert du pain, le fromage le plus cher du coin et une botte de radis pour le picnic de midi) avant de s’attabler à la terrasse de La Petite Épicerie pour boire un café (= instragramer what else).  

Vers 10h45 ça repart ! Et ça papote. Tant et si bien qu’on rate les marques jaunes du départ de sentier. Again. 

11h30 petite pause dans les vasques de la Bendola. C’est si bon de retirer les chaussures de rando et détendre les petons dans l’eau. C’est si mauvais de réenfiler les souliers et recomprimer les doigts de pieds… 

12h45 on s’arrête pique-niquer en bord de rivière. Roomie rince les radis dans les flots. On est bien. Décidément, cette journée c’est de la petite bière par rapport à hier. 

13h30 ça grimpe et ça sue. 14h ça grimpe et ça sue. 14h30 ça grimpe et ça sue. 15h ça grimpe toujours et ça sue de plus belle. J’aimerais qu’on m’achève. Non rectificatif, j’aimerais qu’on achève Jean Mi qui s’est montré hyper évasif dans le PDF quant à cette atroce montée. Chloé sort le choc pour remonter le moral des troupes. Les troupes sont visiblement sensibles au “lait noisettes”. 

17h entrée triomphale dans Breil. La foule est un peu chiche en vivas et hourras mais on ne se vexe pas, trop occupées à se jeter dans la rivière (après un petit striptease des familles – la dangereuse exhibitionniste de la Roya, c’est moi !)

18h passage par le Carrefour Contact (à l’échelle de la vallée c’est un mall) avant de se poser devant un Coca au Bar des Alpins. Lesdits Alpins (à la retraite de l’alpinisme depuis au moins un quart de siècle) ont l’air ravis de la présence de 2 blondinettes choupettes.  

20h, on se met en quête de notre spot de camping sauvage. On trouve 2 accueillantes caravanes abandonnées et taguées entre lesquelles monter notre palace. Seule j’en aurais chouiné de glauquitude mais à deux le fou rire est de mise. Surtout quand en prime, on s’aperçoit qu’on trimbale depuis 2 jours une bonbonne de gaz vide (mais lourde) et que du coup ça va être tortellinis froids et mi-cuits, les fesses à même le bitume du parking.  

21h45, dernier pipi avant la nuit derrière un camping-car abandonné. Enfin abandonné… Pas pour tout le monde. Par la fenêtre s’échappe le son de joyeux ébats. Fou rire nerveux numéro 392. 

Etape 3 : Breil sur Roya ⇒ Piene Haute ⇒ Sospel

Où ça finit au spa…

8h30 signe notre grand retour au Bar des Alpins. Car qui dit bonbonne de gaz vide dit absence de petit thé du matin. Et ça, ça ne se peut ! 

Nos amis piliers de bar saluent notre comeback. Ainsi que nos brassière-short. (Ces aficionados de la mode sportwear…)

9h20 c’est reparti mon kiki. Mes pieds demandent pourquoi je souhaite leur trépas. Je ne répond pas. Les épaules de Roomie réitèrent la question. Elle ignore également. 

9h30, nos abattis se taisent, souffle coupé, alors que débute la montée. Moins à cause des dénivelés que de la vue sur Breil… Résolument magique ! Mon top 3 des plus beaux villages perchés affiche complet. 

Une heure plus tard on n’a toujours croisé personne et après quelques sorties de sentier (l’absence de randonneurs va de paire avec les ronces reprenant leurs droits et brouillant les pistes) on attaque la montée vers Piene Haute. Piene Haute, l’indice est dans le nom…  

11h55, arrivée au village sous les vrombissements d’un hélico venu bâtir on ne sait quoi… On se tâte à rester déjeuner tant c’est bruyant. Par bonheur le pilote a également un petit creu et coupe le moteur (après s’être préalablement posé, pas de panique). On s’installe. Une autochtone vient nous conter fleurette. Elle raconte qu’il y a une soixantaine d’année, les femmes enceintes, quand elles perdaient les eaux descendaient accoucher à Breil par le sentier qu’on vient d’emprunter. Ca calme.

12h30 fin du lunch break pour l’aéronef. Pour nous aussi donc. Les locaux nous expliquent (en mime, rapport au bruit) comment rejoindre le sentier botanique et, in fine, Sospel

L’après-midi est agréable. Le sentier tantôt à plat, tantôt en descente. Bien (bien, bien) au chaud et au milieu de la faune et flore méditerranéennes. (C’est là tout le charme de ce trek : débuter en moyenne montagne pour finir à la mer, avec les changements de végétation qui vont bien).   

14h15 instant de grâce randonnesque. A proximité du sentier une plage paradisiaque (et déserte) en bord de rivière. Avec courant masseur de mollets endoloris. Un spa naturel en pleine montagne en somme.  

15h On quitte à regrets le paradis. Passage par le hameau de “Cuni” (ça ne s’invente pas) et enfin, hallelujah, Sospel en ligne de mire. C’est très charmant. (Vous ai-je déjà parlé de mon top 100 des plus beaux villages perchés ?!)

16h On s’installe en terrasse avec une glace, un coca et des pansements pour ampoules. (Dans cet ordre.) La vie est belle. Après vérification, le camping est encore à 2.7km. La vie ne vaut rien. D’après le site internet, le camping a une piscine. Je suis relativement neutre vis à vis de la vie. 

Etape 4 : Sospel ⇒ Col du Razet ⇒ Castellar ⇒ Menton

Où on a cherché la mer…

7h45 : top départ ! Plus les jours passent plus on est matinales (un réveil de plus et ça démarrait à la frontale…) 

On commence par rebrousser chemin jusqu’à Sospel où se situe le départ du sentier. Evidemment on papote. Evidemment on opte pour un ralongi. 

Arrivées au village on fait 3 courses pour le pique-nique. D’après Jean Mi du PDF nous devrions déjà être en capacité de voir la mer. L’homme a clairement fumé. Et de la bonne… 

8h30, on trouve les marques jaunes du GR. On trouve également Jean-Paul, randonneur niçois, qui nous emboite le pas. 

8h42, Jean-Pi se révèle être l’humain le plus bavard ayant jamais foulé cette terre. Sans exagération. Il ne passe plus de 20 secondes silencieux. Rien n’y fait. Pas même les dénivelés positifs conjugués à ses 75 ans…

9h30 on cherche discrètement à se débarrasser de JP. Sans succès. Nos “Continuez sans nous Jean-Pi, on va faire une pause goûter”, “Continuez sans nous Jean-Pi, on va vous retarder” et autres “Continuez sans nous Jean-Pi, on va se reposer” ne refroidissant en rien notre bavard co-randonneur. 

10h22 Roomie s’effondre aux pieds du panneau “Col du Razet 1 032m”. On avait sans doute un peu surestimé nos réserves en eau. Et notre capacité à supporter JP. (Pourquoi ne pas lui signifier simplement notre souhait de randonner en duo me demanderez-vous. Excellente question. Je vous remercie de l’avoir posée.)

11h Roomie et moi discutons de notre prochain projet de trek (on est comme ça avec Roomie, on ne peut pas terminer une rando sans en avoir une autre sous le sabot). JP nous raconte que, dans sa folle jeunesse, il a également foulé ce sentier breton. Si on n’y prend pas garde, dans quelques mois, on va le voir surgir de derrière un dolmen…

11h27 Mer en vue ! Avec beaucoup d’imagination. (Et des bésicles qui voient à travers les brumes de chaleur.) C’est très beau. 

12h20 Arrivée à Castellar. On avertit JP qu’on compte prendre une pause d’au minimum une heure, mes pieds étant en marmelade, les riquiquis invisibles sous les ampoules. 

12h21 Miracle, l’homme de logorrhée décide de poursuivre sans nous ! Mes oreilles revivent (à défaut de mes orteils). On s’installe, sandwichs en mains et jambes en fontaine. 

13h30, c’est parti pour l’ultime tronçon, direction Menton. Maps.Me-le-merveilleux nous prévoit une arrivée sous 1h. Une heure qui semble durer beaucoup plus de 60 minutes. Mes petons m’envoient de minis décharges à chaque pas, l’air de dire “ces derniers 4km tu vas en profiter”. Je profite et déguste. 

14h30 On foule les petites rues de Menton. C’est mignon tout plein (mais au niveau de la mer donc hors catégorie pour le palmarès des villages perchés).

14h35 Maps.me nous indique qu’on se situe à très exactement 4 minutes de la mer. Mais dans quelle direction bondiou ?! Un petit jeune homme vient à notre rescousse “La mer ? C’est tout droit mesdemoiselles !”

14h40 : La plage ! On a notre petit succès avec nos tenues de randonnée sur les galets. Une famille d’Italiens nous immortalise épuisées mais radieuses devant les vagues. ON L’A FAIT !

15h, note à moi même : les galets, quand on a les coussinets de pieds endommagés c’est à éviter. La plage entière gardera le souvenir ému (et hilare) de Roomie et moi sortant à 4 pattes des flots… 

16h10 C’est l’heure du désormais traditionnel combo “glace-coca”. (On va proposer à JM une rubrique “troquets et glaciers du Sentier des villages perchés” pour son PDF). 

17h50 Dans le train direction Vintimille. 

18h30 On rate, de 2 minutes, la dernière correspondance pour Tende. Le guichetier misanthrope suggère de revenir domani. Je ne crois pas l’ami ! J’appelle mon pôpa (et son carrosse) à la rescousse. Car au risque de vous décevoir aucune de nous deux n’envisage le retour à pieds… 

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