#Sorata : bivouac au lac

À quelques heures (boliviennes) au nord ouest de La Paz, Sorata est un spot de rando pas super touristique mais super magnifique (et super coupé du réseau téléphonique).

En papotant avec mon voisin de minibus (j’imagine la surprise des Parisiens quand je mettrai en pratique ma nouvelle habitude de compter fleurette à tout un chacun dans les transports), celui-ci s’avéra être Français, s’appeler David et affectionner les partners in treks à paillettes.

C’est donc ainsi que nous partîmes, dès le lendemain matin, avec tente, réchaud et stock de noodles (mais sans guide ni carte topographique #Teaser1) à la conquête de la Laguna Chillata et de la Laguna Glaciar.

Voici donc le récit jour par jour, heure par heure voire minute par minute de cette expédition de 3 jours en terre inconnue, sans rien omettre des perditions en brouillard et autres GPS farceurs (#Teaser2).

Dia 1 :

8h58 – Départ. Pour la 1ère fois de ma vie d’aventurière de l’extrême je porte absolument tout son matos (Appelez moi Franklin – comme la tortue de la série du même nom) : tente, gaz, nourriture pour 3 jours… De fierté (et des chaussettes à paillettes) je brille.

9h11 – On n’est pas sorti de la ville que je souffle déjà comme un phoque. Cimer les escaliers fatals pour atteindre les hauteurs. David doit regretter d’être parti avec Miss Défibrillateur. Après vérification il est dans le même état.

10h33 – 1ère pause. J’arrive à refourguer une barre de céréale à David en échange de quelques poignées de crunchies préparées par ces soins (il ne sort pas avantagé de cette malhonnête tractation).

11h48 – Pause numéro 2. Je pique du bœuf séché à David. Je me vis telle la Calamity Jane de Bolivie.

12h03 – Une jeune fille s’approche pour nous tailler un brin de causette… une machette négligemment posée sur l’épaule. Sortie de nulle part la musique de Kill Bill résonne à mes oreilles…

12h58 – J’en ai marreuuhhhhh. J’ai faim. Je suis fatiguée de grimper. Mon sac est lourrreeeuuuhhhh et je ne connais pas suffisamment bien mon compagnon de sentier pour lui chouiner l’étendue de mes malheureeeeeeeeeeuuuuhs.

15h04 : Arrivée à la Laguna Chillata. Mes jambes dansent toutes seules, la faute aux 1700 mètres de dénivelés positives qu’elles viennent de s’enquiller. C’est donc en mode Riverdanse de que nous partons à la recherche du terrain de camping de notre vie.

15h57 – Déjeuner. Stop. Manger. Stop. Sachet déshydraté. Stop. (Mon cerveau sous alimenté parle en morse). J’engloutis 600 calories de pâtes aux champignons, cadeau d’un ex partner in trek, cinquantenaire et Polonais de son état, qui m’avait prise sous son aile (et équipée en nourriture trekkesque).

16h52 – Installation du campement. « €&@#%* faut avoir fait Polytechnique pour monter cette *%£¥$# de tente ? »

17h04Home sweet home. J’ai installé mon matelas, mon duvet et la couverture de survie subtilisée à David (c’est un vrai bonheur de randonner avec moi, tout un chacun vous le confirmera)…

18h02 – Je vais chercher l’eau pour le thé (comprendre j’allonge le bras et me sers dans le lac) et pêche un tetard par la même occaz. J’envisage de m’inscrire à un concours de pêche au camping-gaz à mon retour.

19h03 – Dinner time et orgie de noodles 🍝 ! Certes nous ne sommes pas affamés (cf les 600 calories ingérées précédemment) mais j’ai retenu les enseignements de mon hôte éleveur de lamas potosois : quand la nuitée est frisquette, une soupette et vamos à la couchette.

Dia 2

06h00 – Réveil. Contrairement à moi qui me la suis jouée Belle au Lac Dormant, David n’a pas fermé l’œil à cause du froid. Quelqu’un lui aurait chouré sa couverture de survie… Ce lac est décidément mal famé !

06h18 – Au lieu de me préparer je prends des photos du lever de soleil. C’est important de conserver le sens des priorités en voyage.

06h32 – Petit déjeuner et ciel rosé. Je n’échangerai ma place pour rien au monde. (Personne n’a émis de requête si on va par là…)

06h45 – Prête ! (Évidemment quand on ne se lave pas on gagne un certain temps… #MimiCracra).

07h58 – Moins d’une heure qu’on marche et on a déjà réussi à se planter une fois de « chemin » – Appellation d’Origine Non Contrôlée – (et se rajouter une petite centaine de mètres de dénivelés positifs).

08h13 – Un guide passe avec un couple d’Allemands. Suivons les l’air de rien et retrouvons le droit chemin (à lire sur l’air de « Promenons nous dans les bois » 🎼).

09h02 – Comme on est ultra rapide on double les Germains.

09h23 – Comme on est ultra doué on se perd une 2ème fois. Et bim +100m de dénivelés again !

10h08 – Pause gatgut (copyrights la Sis). Mes barres de céréales me sortent par les yeux. Les mêmes yeux arrivent à attendrir mon compagnon qui me cède un paquet d’Oreo. Risette.

11h04 – Oups I think we did it again… on a fait une sortie de sentier !

11h05 – La vue de ce spot pas prévu n’est pas trop laide, j’oublie (momentanément) de râler.

12h02 – Arrivée au glacier. Les Allemands sont déjà là. Ils n’ont pas fait 4 fois le tour de la Bolivie… eux.

12h04 – Je fais remarquer à David que ça fait plaisir de voir un glacier depuis le temps… puis je réalise que mon dernier glacier date de moins de 2 semaines… (Je ne parle évidemment pas de ma romance avec un dealer d’Häagen-Dazs).

12h14 – Guidée par ma faim je décide de prendre les rênes du retour.

12h23 – Telle Fantômette je suis à l’affût de chaque trace de pas, brindille écrasée, Allemand dans le lointain pour affirmer/infirmer mes théories cheminesques. #SensDelOrientationDeLoutreBourrée (copyrights le Bro).

14h03 – Je m’empêche de fanfaronner que « quand c’est moi qui gère l’itinéraire on ne se perd pas ». Je me sens très mature.

14h45 – Le brouillard commence à tomber et on n’y voit pas à 20 mètres. Pour la recherche d’indices déterminants on repassera. Je m’avoue vaincue et laisse David et Maps.me reprendre du service.

15h37 – Mes GPS perso m’annoncent qu’on arrive. Je leur fais remarquer, sans acidité aucune, qu’à moins qu’une île ait poussé en notre absence il ne s’agit pas de « notre » lac (acte de propriété à l’appui). Ils se retiennent de m’appeler persifleur.

15h58 – On est définitivement perdu.

16h26 – Maps.me nous annonce que « vous êtes arrivés dans 50m… ». On lui rétorque que sauf erreur de notre part on est aux pieds d’une falaise de plusieurs centaines de mètres pas d’un lac/terrain de camping.

16h35 – On tente l’encerclement…

16h47 – David me demande si ça va. Je prends l’air rassurant qui m’a par le passé valu un Oscar pour lui assurer que tout baigne ! Dans ma tête une voix perfide radote « Tu le sais pourtant, Bécassine, qu’on ne part pas en montagne sans frontale ni couverture de survie ». J’ai une pensée émue pour les miennes (de lampe et couverture) qui font une belote dans la tente.

16h52 – La nuit ne va pas tarder. J’envisage de nous trouver une petite grotte accueillante.

17h04 – Allelujah…. Tente en ligne de mire ! On rigole comme des niais (soulagés les niais).

17h19 – Sachet pour chat numero 2. Un restau étoilé ne pourrait pas me faire plus d’effet. On ne voit toujours quechi.

18h02 – Tea time et pêche miraculeuse : il y a une crevette dans l’infusion ! (Ça fait très message codé interallié).

19h08 – Au padoque !

Dia 3

06h32 – J’ouvre la zipette de ma tente. De mon duvet je bave devant le lever de soleil sur le lac. Le niveau dudit lac monte… (Blague crado à base de salive ⛺️💦. Tout le plaisir est pour moi).

06h41 – Je m’extrais pour faire une vidéo. (On ne pourra pas dire que je ne m’investis pas pour ma fan base… Comment ça quelle fan base ? )

07h04 – Mon petit dej préféré : celui où on peut tout manger parce que le trek est terminé !

08h03 – Thé au soleil.

09h04 – Thé au soleil.

10h12 – Thé au soleil.

11h01 – On envisage de potentiellement prévoir un retour au bercail prochain et éventuel. Peut être…

11h14 – On décolle. J’ai envie de faire pipi, rapport au mètre cube de thé (ce blog devient un bulletin de santé de ma vessie). Chao Laguna.

PS : Oui vous ne rêvez pas j’avais encore un nouveau partner in trek. On m’appelle backpack bleu dans le milieu (c’est la version trekkesque de barbe bleue).

Indice – Le prochain épisode sera fourré aux références à Petit-Pied car je pars à Torotoro voir… des traces de dinos !

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